[Mihai Eminescu]
La nuit était déjà tombée depuis un moment mais elle n'avait pas encore l'intention de rentrer à la maison. Elle était bien ici, dans ce parc, sur cette balançoire à regarder les étoiles briller. Elle était persuadée que les étoiles étaient des âmes en paix et que, sa mère parmi ces milliers d'astres, brillait de toute sa beauté là-haut près des anges.
Elle ne pu s'empêcher de sourire en pensant à elle, en pensant à son visage qui rayonnait de bonheur malgré la situation, malgré le passé.
Des pas se firent entendre, une silhouette s'approchait d'elle, sans même se retourner, elle savait que c'était lui, elle savait ...
Il s'assoit sur une balançoire, juste à côté d'elle, et regardait à son tour les astres brillaient sur l'infinité du ciel.
Tom : Tout le monde s'inquiète Lily
Lily : Désolée, je voulais être un peu seule pour réfléchir. Je suis aussi désolée de t'avoir posé un lapin pour le cours de français de cette après midi, on le reporte à quand tu veux.
Tom : T'en fais pas c'est pas grave, c'est pas comme si en une après midi j'aurai réussi à parler le français.
Lily : ...
Tom : ...
Lily : J'aime cet endroit, j'y viens souvent la nuit quand tout le monde dort et je me mets à balancer, à balancer haut dans le ciel comme quand j'étais plus petite et que je disais toujours à maman qu'elle devait me pousser encore plus fort, toujours plus fort, avec cette conviction que j'allais toucher le ciel
Tom : ...
Lily : Mais jamais je n'ai réussi à le toucher. Jamais ! Mais quand je commence à me balancer, j'ai l'impression de voler, d'être près d'elle. Je sens ce vent valser sur mon visage et cette putain d'liberté chanter. Et je pourrai y rester pendant des heures, là à balancer, à croire que j'arriverais à toucher un jour le ciel, que j'arriverais à le frôler. Même si je sais que c'est impossible.
Tom : ...
Lily : ...
Tom : Elle te manque ?
Des fines larmes s'échappèrent de ses yeux, sa culpabilité se renforçait, elle tremblait légèrement, Tom à bien vu le malaise de la brune et, il savait qu'en posant cette question il touchait un point sensible, un sujet qu'elle n'abordait pas souvent voire jamais.
Il lui prit sa main et entremêla ses doigts avec les siens pour lui montrer qu'il était là, qu'il était près à l'écouter toute la nuit s'il le fallait. Qu'il la consolerait si besoin était. La jeune fille d'abord surprise par se geste, se laissa faire, de toute manière elle n'avait pas la force de le repousser, et elle n'en avait pas envie.
Et ils sont restés là, en silence, regardant ce ciel qu'ils rêvaient de toucher.
...
...
Lily : Je me souviens de cette nuit comme si c'était hier, je me suis souviens encore de chaque détails, de chaque sentiments, de chaque mots de cette nuit là.
La lune brillait s'en retenue, de son étincelante beauté énigmatique, entourée de ces innombrables astres qui luisaient à en perdre la vue.
Ces voitures qui roulaient à vive allure sur cette autoroute nous dépassant sans aucune gêne, et me berçant un peu plus dans leurs murmurent. Les phares des voitures d'en face éblouissaient mes yeux fatigués par l'heure que révéler les aiguilles de ma montre.
Tout était si paisible, jamais je n'aurai cru que tout cela se remplacerait en un véritable cauchemar ! Pourquoi le monde ne s'est-il pas arrêté sur cette image ? Pourquoi n'a-t-il pas cessé de tourner, en cet instant même, figeant l'univers dans cette sérénité ?
Puis en quelque seconde tout a changé ! Je ressentai de la colère, de la haine. Oh oui, j'étais en colère contre elle, contre moi-même, contre ce p'tain coup d'fil qu'elle venait d'avoir m'annonçant qu'une fois de plus elle devait travailler ce samedi et annuler notre sortie au Europa Park. Je l'avais tellement attendue et j'ai été tellement déçue que j'me suis mise en colère.
Moi : J'en ai Marre ! Tout l'temps c'est la même chose cette vieille bique t'appelle toujours quand on a prévu quelque chose, t'a qu'a lui dire non pour une fois !
Maman : Lily surveille une fois ton langage ! Et tu sais très bien que je n'ai pas le choix !
Moi : On a toujours le choix !
Maman : Au risque de me faire virer et comment on va faire pour vivre, comment on va faire pour se nourrir dis moi ?
Moi : Tu m'dégoutes ! Tu penses toujours qu'à toi !
Maman : Bon maintenant tu te calmes c'est compris ? Et arrête de faire ta gamine, sa me déplaît tout autant que toi de travailler ce week-end !
Moi : fff !
Je l'avais mise en colère, je l'avais blessée en lui disant qu'elle était égoïste alors qu'elle avait toujours tout fait pour moi, elle a tout fait pour que jamais je ne manque de quelque chose, elle m'a donnée tout l'amour dont une personne avait besoin. Je l'avais bien remarqué qu'elle était pensive, qu'elle n'était plus autant concentrée sur la route. Et là tout est allé si vite. Si vite ...
Tom : Chut J'suis là, prends ton temps...
Une voiture roulait à contre sens, elle était entrain de foncer droit sur nous, j'avais hurlé sur maman pour qu'elle la dévie, mais elle n'a pas eu le temps ...
Tout est passé si vite, en seulement quelques secondes, j'ai ressenti un bien être, de la haine, de la peur, de la souffrance. En seulement quelques secondes ma vie s'est brisée !
Je n'ai même pas senti la voiture nous foncer dedans, nan j'avais l'impression d'être dans un autre monde, de voir la scène au ralenti, le seul bruit qui me parvenait à mes oreilles était la musique de la radio. J'me suis évanouie à cause du choc et en me réveillant j'avais horriblement mal au bras mais ce n'était rien comparé à la vue qui s'offrait à moi. Elle était là, couchée sur cette route, des bouts de verre l'entouraient et il y avait du sang partout.
J'me suis précipitée sur son corps, elle a sourit en me voyant, des larmes ruisselaient sur mes joues, j'étais terrifiée en voyant tout ce sang, en voyant son visage se crisper sous la douleur, en voyant cette anxiétude sur ses traits de visages mais pourtant elle me souriait toujours et me rassuraient. Des voitures s'étaient arrêtaient et avaient appelé les urgences. Moi j'étais toujours là, à amplifier mes pleures.
Moi : Maman je t'en pris me laisse pas, je t'en pris, je suis tellement désolée tout est de ma faute, je n'aurai pas du m'énerver, tu n'es pas égoiste, t'es la meilleure maman au monde alors m'abandonne pas maman les secours vont arriver, j'ai besoin de toi, je t'en pris.
Maman : Ma chérie ce n'est pas ta faute. J'suis tellement fier de toi et je le serai toujours quoi qu'il arrive. Et je serai toujours là pour toi, n'importe où, ne l'oublie jamais.
Moi : Maman j'ai si peur
Maman : Il ne faut pas.
Moi : ...
Maman : Qu'est ce que tu es belle.
Moi : Maman ...
Maman : ...
Moi : Maman reste avec moi, ne m'abandonne pas, je t'en supplie, j'ai tellement besoin de toi. Sans toi je n'y arriverai pas !
Maman : Lily promets moi d'être heureuse et de vivre chaque instant comme si s'était le dernier.
Moi : Maman reste stp
Maman : Promet le moi ma chérie !
Moi : Je.. Je te le promets
Maman : Je t'aime tellement
Moi : Moi aussi maman, je t'aime plus que tout au monde. Et la semaine prochaine on ira au Europa park et on rira, Oh oui on rira comme deux folles, on fera pleins de manèges, on mangera pleins de sucrerie jusqu'a en avoir mal au ventre, et on rira de ce soir là hein maman, dis le moi qu'on rira ?
Maman : Oui on rira. Sèche tes larmes mon c½ur, je n'aime pas te voir pleurer.
L'ambulance est arrivée, les secouristes m'ont poussé pour s'occuper de maman. Une femme est venue regarder mes blessures mais je l'ai repoussé. Je voulais qu'ils la sauvent. Juste qu'ils la sauvent. Ils lui ont mis un masque pour respirer et l'on emmener dans l'ambulance, j'ai voulu aller avec elle, mais ils m'en on empêcher, ils m'ont dit que je prendrai une autre voiture pour aller à l'hôpital et qu'ils allaient s'occuper de maman. Avant qu'il la mette dans l'ambulance j'ai vu son sourire. Elle avait l'air d'être apaisée.
J'étais terrifiée, j'avais cette drôle d'impression d'être dans un foutu rêve, mais ces lumières rouge et la sirène qui tintait mes oreilles me bramé la réalité.
Une jeune femme, qui n'avait pas plus de 25 ans, tenté de me consoler. C'est elle qui m'a accompagné à l'hôpital, c'est elle qui était là quand un médecin, à la mine grisâtre m'a dit que la personne qui comptait le plus pour moi a quitté ce monde durant le trajet qui la consuisait à l'hôpital.
Il a continué à parler, à dire combien les secouristes ont tout fait pour la sauver. Moi je ne l'écoutais même plus. Je n'entendai plus rien autour de moi, je me suis effondrée parterre et j'ai pleuré, pleuré. La jeune femme a tenté de me relevé mais je l'ai repoussé en hurlant, tous les regards se sont jetés sur moi.
Moi : ELLE AVAIT PAS L'DROIT ! ELLE VA PAS L'DROIT DE M'ABANDONNER, POURQUOI ELLE S'EST PAS BATTUE, POURQUOI C'EST PAS MOI QUI SUIS MORTE ...
Toute la nuit mes larmes ont mouillés le joli tee-shirt de cette jeune femme, elle est restée avec moi jusqu'à ce que ma tante arrive le lendemain.
Je lui en voulais d'être parti, de m'avoir abandonnée. Qu'est ce que j'allai devenir maintenant, à seulement 12 ans, j'étais devenue une orpheline sans parents, sans mère qui la rassurerait, sans mère pour l'engueuler si jamais elle rentrait bourrée, sans mère pour lui donner l'amour dont elle avait besoin. Heureusement que ma tante a été là. Elle a été parfaite durant toutes ses années.
Le lendemain matin un peu avant que tante July arrive, un médecin est venu me voir, j'étais retournée vers la fenêtre, mes yeux fixant le vide.
moi : Qu'est ce qui est arrivés au passager de la voiture qui nous a foncés dedans ?
Docteur : Le jeune homme a eu quelques égratignures et la jeune fille s'est cassé la jambe, rien de très alarmant.
moi : Pourquoi ils sont roulés en sens inverse ?
Docteur : Ils étaient tous les deux ivres, ils se souviennent petit à petit des événements de la veille.
moi : Vous voulez me dire que ma mère est morte parce-que deux crétins ont pris le volant alors qu'ils étaient complètement ivres ? Qu'eux ils sont encore en vie et que ma mère est morte ? Que eux ils pourront encore rire, s'engueuler, se réconcilier avoir de l'amour de leur mère alors que moi A CAUSE DE LEUR PUTAIN D'INSOUCIENCE J'AI PERDU TOUT CA ! QU'A CAUSE D'UN VERRE EN TROP ILS M'ONT PRIVE DE MA MERE ET QUE EUX ILS SONT UNE PETITE EGRATINURE DE MERDE !
Docteur : Je suis désolé.
moi : Garder votre putain de pitié ! Garder votre putain de désolé ! Alors que demain vous allez déjà passer à autre chose, que demain ils vont continuer à vivre ! Eux ...
Dans un accès de rage, de haine, j'ai tapé contre la vitre qui s'est brisée en mille morceaux. Chaque nuit je vois encore son sourire, sa douleur dans ses yeux, ce sang étalé sur la route, sur son corps. Mais j'me dis sans arrêt que si je ne l'avais pas énervée, elle aurait vu la voiture, elle l'aurait vu et elle serait toujours avec moi. Si tu savais comme j'ai ressenti de la haine contre le monde, ressenti de la haine, de la culpabilité envers moi. Tout est de ma faute Tom, si seulement je ne m'étais pas énervée, elle l'aurait vu, elle l'aurait vu ...
Tom : Lily c'est pas ta faute ! Tu n'es responsable en rien de cet accident
Lily : Mais si je m'étais..
Tom se leva de la balançoire et retira sa main de celle de Lily pour s'agenouiller en face d'elle, Il pointa ses yeux dans ceux de Lily qui était rempli de larmes, il rapprocha les jambes de la jeune fille autour de sa taille et positionna ses main au bas de son dos. Elle frissonna face à ce contact, jamais elle n'avait été aussi près de Tom à part ce jour là, dans la cabane.
Tom : Même si elle avait vu la voiture un peu plus tôt, elle n'aurait rien pu faire pour la dévier. Lily t'es pas responsable de sa mort.
Lily : Mais j'me sens tellement coupable d'avoir dit tout ça.
Il la prit dans ses bras et tout doucement, d'un mouvement régulier il la berçait. Elle se laissait aller sur son épaule, laissant sortir toute cette culpabilité qu'elle ressentait depuis toutes ces années. Ce soir là, en une seconde, ce monde si paisible a reflété la mélancolie du sort, cette lune si étincelante a rependu son froid glacial faisant disparaitre les astres sous une couche de nuages. En une seule seconde la vie d'une personne a changé, à cause d'un verre en trop.
Lily : On balance
Tom : Jusqu'à toucher les étoiles
Ils s'assoient chacun sur une balançoire et commencèrent à se balancer. De plus en plus haut, le vent leurs murmurant des paroles, les engouffrant avec lui, les faisant virevolter dans cette putain de liberté. Et ils continuaient à se balancer, toujours plus haut, à deux doigt de toucher les étoiles qui brillaient de cette beauté aveuglante comme ce soir là, avant que le monde ne se transforme.
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Impression sur ce chapitre ?
J'espère qu'il vous a plu ...
Je sais, je sais vous vous attentiez à un cours de français, mais il va venir ( J'sais pas quand encore)
Un chapitre où Lily confie quelque chose qu'elle n'avait jamais dit auparavant. Elle n'avait jamais dit à personne qu'elle se sentait responsable de l'accident ... Un grand pas en plus vers Tom, mais ne croyez pas que tout est arrangé entre eux deux ...
![Chap 31[Partie 2]De plus en plus, je commence à réaliser, Que je peux atteindre mon futur, Que je peux garder la tête haute, Et tout cela parce que tu es à mes côtés.Jonas Brothers *_________](http://5d.img.v4.skyrock.net/5d5/the-hill-of-the-angels/pics/1841737601_small_1.jpg)